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Poésies oubliées

1.11.XXV - Au Poëte Eugène Gens

15 Septembre 2013 , Rédigé par Darius Hyperion Publié dans #A. Van Hasselt - Les Études rhythmiques (1876)

UU─UU─UU─UU─
            UU─U

 

Eh ! qu'importe au poëte qui chante ses vers,
                            Au poëte,
Que la voix de la foule à ses rhythmes divers

                            Soit muette ?
A lui seul, dans le calme silence des bois

                            Et des grèves,
Il redit les secrets de son c
œur à la fois

                            Et ses rêves.

Il suffit qu'un oiseau sous les feuilles celé,
                            Dans sa route,
Le regarde un instant, le poëte étoilé,

                            Et l'écoute.
Il suffit que la brise, attentive à ses chants,

                            Quand il passe,
Lui répète un refrain de ses hymnes touchants

                            Dans l'espace.

Tout le reste n'est rien, ni l'oubli dédaigneux,
                            Ni les haines
Que toujours 
c'est la loi les buissons ont en eux

                            Pour les chênes ;
Ni les cris insultants, ni les rires jaloux

                            Et sinistres
Que nous jettent parfois 
car ce sont leurs cailloux,

                            Les vieux cuistres.

Laissons donc ces crétins rabâcher à loisir
                            Leurs colères
Puisqu'ils n'ont que cela, laissons-leur ce plaisir

                            À ces hères.
Permettons, ô poëte, à ces âpres vieillards

                            Leurs musiques,
Leurs bouquets à Chloris, leurs refrains nasillards

                            Et classiques.

Subissons ces gérontes, fétus décrépits,
                            Mais superbes,
Et soyons, s'il se peut, quelque jour des épis

                            Ou des gerbes.
Gardons-nous de troubler, dans leur vieux sanhédrin,

                            Ces bonshommes,
Ô poëte, et restons dans le calme serein

                            Où nous sommes.

Aussi bien, le printemps sous les arbres en fleurs
                            Nous appelle.
La nature
est un livre. On y lit ce qu'ailleurs

                            On épelle.
Dans les bois, où les lis se racontent gaîment

                            Leur histoire,
Les bouvreuils, nos amis, nous feront un charmant

                            Auditoire.

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