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Poésies oubliées

2.4.XXII - Le Roi des aunes

17 Novembre 2013 , Rédigé par Darius Hyperion Publié dans #A. Van Hasselt - Les Études rhythmiques (1876)

UU─U─UU─UU─
    UU─U─UU─U

 

Qui chevauche ainsi par la nuit et le vent ?
        Qui chevauche ainsi par la plaine ?
C'est le père ayant dans ses bras son enfant
        Qu'il réchauffe avec son haleine.

─ Ô mon fils, tu trembles. D'où vient cet effroi ?
        ─ Regardez, mon père, cette ombre.
C'est le roi des aunes qui marche vers moi.
        ─ C'est, mon fils, la brume dans l'ombre.

« Bel enfant, oh ! viens avec moi ; car, vois-tu,
        « Mon palais toujours est en fête.
« Dans mes beaux jardins tu joûras revêtu
        « D'une robe d'or qu'on t'a faite. »

─ Écoutez, mon père, écoutez dans la nuit ;
        C'est la voix du spectre des aunes.
─ Ce n'est rien, mon fils ; c'est le vent qui bruit

        Dans les feuilles mortes et jaunes.

« Bel enfant, partons ; car mes filles, là-bas
        « Vont dansant sur l'herbe et les mousses,
« Et leurs voix t'appellent qui chantent tout bas
        « Leurs chansons charmantes et douces. »

─ Voyez-vous, mon père, ces spectres danser
        Et flotter leurs robes aux brises ?
─ Je les vois, mon fils, ces ormeaux balancer

        Leurs couronnes pâles et grises.

« Bel enfant que j'aime, avec moi tu viendras.
        « Tu l'entends ma voix souveraine. »

─ Ô mon père, il veut m'arracher de vos bras !
        Ô mon Dieu, voilà qu'il m'entraîne !...

Et le pauvre père s'élance en avant
        À travers les mornes bruyères.
Mais, avant d'atteindre à son seuil, son enfant

        Pour toujours a clos les paupières.

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