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Poésies oubliées

3.7.XXV. - Aux Ruines d'un vieux château

1 Février 2015 , Rédigé par Darius Hyperion Publié dans #A. Van Hasselt - Les Études rhythmiques (1876)

UU─UU─U─U─
          UU─UU─U

 

Dans la nue autrefois, vaillant manoir,
            Au-dessus des vallées
Tu dressais ton drapeau farouche et noir

            Et tes tours crénelées.

Les grands aigles souvent venaient percher
            Sur ton mont formidable,
Et raser de leur vol ton vieux rocher

            Pour eux seuls abordable.

Et voilà maintenant tes murs croulants
            Qui s'en vont en ruine,
Et l'oubli dédaigneux revêt leurs flancs

            D'un linceul de bruine.

De tes mornes créneaux le lierre obscur
            Escalade les brèches,
Qu'autrefois n'atteignaient, sommets d'azur,

            Ni les dards ni les flèches.

Les géants habitaient tes fiers remparts,
            Les faiseurs d'épopées,
Qui faisaient resplendir de toutes parts

            Leurs illustres épées.

Ils vivaient abrités dans l'air serein
            De ta zone si haute,
Compagnons de la foudre aux bruits d'airain

            Et de l'aigle, leur hôte.

Isolés dans l'espace immense et bleu,
            Loin des foules serviles,
Ils voyaient de plus près le ciel de Dieu

            Que les fanges des villes.

Maintenant dans la tombe ils dorment tous,
            Et leur glaive sommeille,
Mais leur gloire vaincra le temps jaloux,

            Éclatante et vermeille.

L'avenir et l'histoire un jour verront,
            Dans leurs mornes royaumes
Comme un rêve apparaître, un nimbe au front,

            Ces illustres fantômes.

Et les siècles, laissant tes murs brumeux
            S'écrouler dans les herbes,
Garderont de l'oubli les noms fameux

            De tes hôtes superbes.

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