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Poésies oubliées

4.1.I. - À Homère

14 Juillet 2015 , Rédigé par Darius Hyperion Publié dans #A. Van Hasselt - Les Études rhythmiques (1876)

À propos d'un traducteur belge de l'Iliade

UU─UU─UU─U
UU─UU─UU─

 

Bélisaire de l'art, fier génie !
Que de fois aux chemins d'Ionie,
L'indigence avec toi de moitié,
Tu payas d'un lambeau d'Iliade,
Ô poëte du grand Péliade,
Le pain noir que t'offrait la pitié !

Mais, plus fort que ne fut l'infortune,
Tu bravais sa rigueur importune
Et la faim, ô vieillard indompté.
Pauvre aveugle, en tes routes funèbres,
Tu marchais à travers les ténèbres ;
Car ton c
œur était plein de clarté.

La grande âme jamais ne se lasse.
L'avenir remet tout à sa place.
La misère n'est rien, ni la faim.
À ta gloire il manquait un outrage,
Car voilà qu'un grimaud a la rage
De rimer ton poëme divin.

Bon Homère, vois donc ce maroufle.
Sur ta vaste Iliade il s'essoufle.
Il ébrèche sa plume d'acier.
Il transforme ton bronze en limaille ;
Et, docteur en tricot, il remmaille
Les vieux bas de madame Dacier.

Mais qu'importe, ô poëte, qu'importe ?
Chacun roule où sa pente l'emporte.
Au pardon ta pitié se complaît.
Car tout chêne a son ver parasite.
Si les dieux n'avaient fait un Thersite,
Ton Achille serait incomplet.

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