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Poésies oubliées

4.1.XIV. - Sur un album

4 Juin 2017 , Rédigé par Darius Hyperion Publié dans #A. Van Hasselt - Les Études rhythmiques (1876)

UU─UU─UU─U
UU─UU─UU─

 

L'Orient a des fables charmantes
Dont le cœur du poëte est épris,
Et qu'au soir, sur ses rives dormantes,
Le vieux Gange raconte aux Péris.

O légendes de fleurs parfumées
Et d'oiseaux merveilleux qui parfois
Se transforment en blondes almées,
Poésie et musique à la fois !

Bien souvent, n'est-ce pas ? dans vos rêves,
Vous croyez vaguement les revoir,
Ces collines, ces lacs et ces grèves
Dont les brises nous parlent le soir.

Loin du monde glacé de la prose,
Vous rentrez, ô Madame, chez vous.
Chaque rose vous dit, chaque rose :
« O ma sœur, tu reviens parmi nous. »

Chaque oiseau, sur sa branche sonore,
De saphirs et d'opales vêtu,
Comme fait l'alouette à l'aurore,
Vous demande : « O ma sœur, d'où viens-tu ? »

Car c'est là votre douce patrie,
L'Orient, paradis enchanté,
Où naguère, splendide et fleurie,
Rayonnait votre pure beauté.

L'Orient, où l'esprit des merveilles
S'en alla vous choisir un matin
Au milieu de ses roses vermeilles
Et vous dit : « Sois sylphide ou lutin.
»

Car vous êtes, sylphide admirée,
L'idéal, du vulgaire incompris,
Que notre âme, à ses songes livrée,
Entrevoit dans l'azur des esprits.

Vous, la grâce et le charme indicible,
O Madame, à vous voir, bien souvent

On croit lire un poëme invisible
Dont vous êtes le rhythme vivant.

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